Le blog de Damien Anglada

Le blog de Damien Anglada
12 Sep 2014
02:00

Un maître de chais dans la ville

Des distilleries qui lancent sur le marché des whiskies de 50 ans d’âge, on ne peut pas dire que cela court les rues…mis à part celles de Dufftown ! Le 3 septembre 2012, David Stewart inaugurait le lancement  d’une pépite mise en fût en 1962, date à laquelle David commença son aventure de toute une vie avec William Grant & Sons. Seulement 88 bouteilles dans le monde, 6 réservées au marché français.  Un Single malt de 50 ans d’âge, véritable graal pour tout amateur de whisky. Si la Maison William Grant & Sons est aujourd’hui capable de mettre en bouteille ce genre de rareté c’est qu’elle dispose d’un patrimoine monumental de fûts dont quelques perles datant des années 60.  Et ce n’est pas sans fierté qu’elle remet le couvert cette année en dévoilant non pas une mais deux nouvelles bouteilles de 50 ans d’âge !

En famille depuis cinq générations

Deux ans en arrière, nous organisions une magnifique soirée au sein de l’ambassade de Grande Bretagne pour le lancement du 50 ans The Balvenie. Cette année, afin de coller à ce caractère artisanal qui lui, colle si bien à la peau de notre distillerie, la maison Delisle nous a ouvert les portes de leur somptueux showroom dans le 3ème arrondissement de Paris. Référence française dans les métiers du bronze et de la ferronnerie  d’art, la Maison Delisle, tout comme William Grant & Sons, est depuis cinq générations une affaire familiale. Si la distillerie The Balvenie rassemble des maltmen, des mashmen, stillmen, tonneliers et autres chaudronniers, la Maison Delisle réunit quant à elle les meilleurs artisans de chacun des métiers d’art nécessaire à sa production tels que la sculpture sur bois, la fonderie, le bombage du verre, le polissage du marbre et bien d’autres encore. Aux vues de ces valeurs que les deux maisons partagent, il semblait quasi naturel que le lancement de ces deux nouveaux bijoux se fassent main dans la main avec la famille Delisle.

  

« When one becomes two »

Après la présentation des forces en présences, et pas n’importe quelles forces, d’un côté Jean-Michel et Jean Delisle, 4ème et 5ème génération et de l’autre David Stewart, maître de chais depuis 52 ans chez WG&S, nous avons finalement touché au but lorsque David a fait quant à lui les autres présentations : « ces deux Balvenie 50 ans d’âge proviennent tous deux de fûts visuellement similaires, des Hogsheads de chêne européen. Les deux ont été mis en fût le même jour, en mai 1963 pour une période de maturation de 50 ans. Mais pourtant, la nature a donné naissance à deux liquides différents malgré leur origine identique ».  En effet, d’un côté le fût 4570 a produit 128 bouteilles à 45,9% vol. , aux reflets dorés et aux notes uniques de lavande,  de rose, de violette qui laissent place après ouverture à un profil plus exotique. De l’autre côté, le fût 4567 a résisté un  peu plus aux anges en offrant 131 bouteilles à 45,4% vol. Sa robe, d’un rouge profond tirant sur l’acajou, laisse présager des arômes de fruits rouges, de prune, d’épices et de vieux meuble, le tout enrobé par ce même parfum floral si particulier, peut-être l’ultime élément qui lie ces deux raretés. Le ying et le yang qui bien que dans un même cercle, prennent des chemins différents. L’audience, une quarantaine de journalistes a été plus que séduite.  50 ans d’histoire qui seront vendues chacune à un peu plus de 30000€. Pas une simple bagatelle c’est sûr, mais voilà finalement ce qui achève de rassembler ces deux Maisons : toutes deux peuvent être fières de voguer dans les hautes sphères de l’artisanat de luxe.

Un line up de rêve

A peine remis de nos émotions, nous nous sommes retrouvés le lendemain avec David chez Jacques Genin, le célèbre chocolatier-pâtissier parisien pour une soirée qui allait être l’une des plus réussies parmi toutes celles auquel j’ai pu participer dans ma vie de « whisky geek ».  Une dégustation prestigieuse organisée d’une main de maître par Philippe Gosmand, fondateur du Rare & Collectors Whisky Club. Le concept ? Proposer à une poignée d’amateurs une dégustation autour de références dites rares voire collectors. La distillerie The Balvenie nous a donc réunis le temps d’une soirée au cœur de l’atelier de Jacques Genin. Une trentaine d’inscrits a pu découvrir ce qui fut à l’époque les premières créations de David Stewart avec le Founder’s reserve 10 ans et le Classic NAS (Non Age Statement), mises en fût dans les années 70 et embouteillées dans les eighties. Des profils « old school » qui nous ont fait voyager dans le temps et permis de découvrir à quoi pouvait ressembler The Balvenie une 30aine d’années plus tôt.  Plus récent, nous avons également dégusté le premier batch du fameux Portwood 21 ans, datant de 2005. Une explosion d’exotisme et de douceur à la limite de l’indécence tant son fruit diffusait dans toute la pièce.  Sous oublier un whisky d’une très grande rareté avec un Balvenie de 15 ans, datant de 1974 et sélectionné par l’embouteilleur indépendant Signatory Vintage. Très intéressant de découvrir un Balvenie non-officiel et d’apprendre de David Stewart que la distillerie a finalement commencer à produire le Burnside dans le milieu des années 80 pour réserver le nom « The Balvenie » à l’embouteillage officiel. Le Burnside étant 99% de Balvenie et 1% de Glenfiddich faisant de cet assemblage un blended malt qui contraindra plus tard les embouteilleurs indépendants  à ne plus écrire le nom de la distillerie sur leur label.  Enfin David nous a fait la surprise en apportant avec lui un échantillon d’un Balvenie de 35 ans, issu d’un bourbon barrel datant de 1978 qui rentrait dans la composition du fameux Tun batch 8. Tout ce que j’aime avec  ces vieux Balvenie pleinement dominés par des notes de fruits exotiques tels que l’ananas ou le fruit de la passion. Un véritable cadeau à l’image de son auteur !

    

Des associations magiques

Tout cela ne fut pas sans compter sur la créativité et le génie de Jacques Genin qui jouait à domicile. En association avec ces magnifiques whiskies, le chocolatier-pâtissier s’est complètement pris au jeu et a proposé des créations originales et savoureuses. Pâtes de fruit, pâtes de légume même ! Avec une au fenouil. Tarte caramel pecan, chou à la crème, caramel mou au cassis, chocolats avec une ganache au safran, une autre à la pistache d’Iran et une dernière à la réglisse. Des saveurs multiples, des mélanges d’arômes et de parfums pour le plaisir des papilles. Une soirée d’anthologie qui aura tout simplement eu pour but de rassembler ensemble le temps d’une soirée des passionnés, qu’ils soient amateurs, spécialistes, ambassadeur, chocolatier et même maître de chais ! 

  

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